Mont-Carmel me rappelle toujours/Mont-Carmel still calls me home
L'histoire derrière le nouveau single de Vishtèn et le village qui l'a inspiré./The story behind Vishtèn's new single and the village that inspired it.
English follows
Pendant longtemps, j’croyais que tout l’monde avait grandi dans une maison remplie de musique.
J’pensais que c’était normal de voir des musiciens débarquer dans la cuisine, d’entendre des violons jusqu’aux p’tites heures du matin et de finir une soirée par « juste une dernière toune ».
C’est yinque plus tard, après avoir quitté Mont-Carmel, que j’ai réalisé à quel point cette enfance avait été particulière.
Quand je pense à Mont-Carmel, j’pense à la mer.
Je pense à une enfance passée dehors. À courir les chemins d’terre. À jouer dans les champs. À nos parties de fête. À inventer des aventures avec ma jumelle Pastelle et notre meilleure amie Megan. À rentrer yinque quand y faisait noir.
Mont-Carmel fait partie de la région Évangéline, une région acadienne vibrante à l’ouest de l’Île-du-Prince-Édouard. Quand j’ai grandi, l’été semblait toujours rempli de visiteurs, de musique et de mouvement.
Y’avait le Village Acadien, les soupers-spectacles de La Cuisine à Mémé, le Jamboree Atlantique des Violoneux, le Festival Acadien et le Festival international de danse. Notre troupe, les Pas d’Folies, accueillait des danseurs venus d’un peu partout dans le monde. Je ne réalisais pas dans l’temps à quel point c’était unique de grandir dans un endroit où la culture faisait autant partie de la vie de tout les jours.
Mais c’est souvent les p’tites choses que j’me souviens le plus.
Les parties de balle molle dans des terrains remplis de maringouins.
Se faire garder sur une ferme laitière et donner un nom à toutes les vaches.
Apprendre à conduire un stick dans les chemins de terre rouge.
Explorer des maisons délabrées et être certaines qu’elles étaient hantées.
Les couchers d’soleil sur la mer.
Le feeling que tout le monde se connaissait.
Y’a tellement de souvenirs, et Megan fait partie de plusieurs d’eux. On se connaît depuis qu’on est en couches. Nos parents étaient amis et jouaient souvent d’la musique ensemble. On a partagé des années de sleepovers, de jeux dans les champs, de danse, de musique et des aventures qu’on trouvait extraordinaires!
Dans ma vingtaine, Pascal est arrivé dans le décor. Il a vécu à Mont-Carmel avec Pastelle pendant plusieurs années et il est vite devenu membre d’la famille. Pour lui aussi, Mont-Carmel évoque les homards et p’tits coques su’l’deck, la pétanque, les jams improvisées qui commence dans la cuisine parce que quelqu’un à sorti un instrument.
C’est peut-être pour ça que cette chanson nous touche autant.
🎧 Écoutez Mont-Carmel ici ou ici
L’idée est née à partir d’une couple de phrases retrouvées dans les archives de Pastelle qui nous faisait sourire:
« De Mont-Carmel à Cap-Egmont, de Cap-Egmont à Maximeville, de Maximeville à Abrams-Village, pi là on vire pour Egmont-Baie... »
« J’m’en ai té pêcher des palourdes, du homard et pi des moules... »
« À Mont-Carmel, t’es la plus belle… »
Ces phrases contenaient déjà tout un monde.
Les routes qu’on pourrait faire les yeux fermés. Les paysages qu’on connaît par cœur. Une manière de parler. Une manière de vivre.
L’automne passé, on s’est mis à imaginer ce que cette chanson aurait pu devenir. On a ajouté des paroles, développé l’histoire et laissé les souvenirs nous guider.
Le résultat est Mont-Carmel.
Depuis que j’ai laissé le village après ma graduation du secondaire, j’ai habité dans plusieurs endroits. J’ai voyagé dans une quantité incroyable de pays grâce à Vishtèn. J’ai joué sur des scènes que j’aurais jamais pu imaginer quand j’étais jeune.
Mais malgré tous ces kilomètres, c’est toujours Mont-Carmel qui m’rappelle.
J’ai encore une p’tite maison dans le village, au début de l’allée qui monte chez mon père. J’retourne pour les partys de musique qui continue de m’énergiser et m’inspirer, pour le Festival Route 11, pour hanger out avec du beau monde et pour voir la mer.
Parce qu’au fond, certaines places continuent de nous habiter longtemps après qu’on les ait quittées.
Et pour moi, cette place-là s’appelle Mont-Carmel.
For a long time, I thought everyone grew up in a house filled with music.
I thought it was normal to have musicians show up in the kitchen, to hear fiddles playing into the early hours of the morning, and to end an evening with “just one more tune.”
It wasn’t until later, after I had left Mont-Carmel, that I realized how special that childhood had been.
When I think of Mont-Carmel, I think of the sea.
I think of a childhood spent outdoors. Running down dirt roads. Playing in the fields. Our birthday parties. Inventing adventures with my twin sister Pastelle and our best friend Megan. Only coming home when it got dark.
Mont-Carmel is part of the Évangéline Region, a vibrant Acadian community on the western end of Prince Edward Island. When I was growing up, summer always seemed full of visitors, music, and activity.
There was the Village Acadien, the dinner theatre shows at La Cuisine à Mémé, the Atlantic Fiddlers’ Jamboree, the Acadian Festival, and the International Dance Festival. Our dance troupe, Les Pas d’Folies, welcomed dancers from all over the world. At the time, I didn’t realize how unique it was to grow up in a place where culture was such an everyday part of life.
But it’s often the little things I remember most.
Playing softball in fields full of mosquitoes.
Being babysat on a dairy farm and giving names to all the cows.
Learning to drive a “stick” on red dirt roads.
Exploring abandoned houses and being absolutely convinced they were haunted.
Sunsets over the water.
The feeling that everybody knew everybody.
There are so many memories, and Megan is part of so many of them. We’ve known each other since we were babies. Our parents were friends and often played music together. We shared years of sleepovers, games in the fields, dancing, music, and adventures that felt extraordinary at the time.
In my twenties, Pascal entered the picture. He lived in Mont-Carmel with Pastelle for several years and quickly became part of the family. For him too, Mont-Carmel brings back memories of lobster and “piss” clams on the deck, pétanque games, and spontaneous music sessions that start in the kitchen because somebody picked up an instrument.
Maybe that’s why this song means so much to us.
🎧 Listen to Mont-Carmel here or here
The idea came from a few lines we found in Pastelle’s archives that always made us smile:
“From Mont-Carmel to Cap-Egmont, from Cap-Egmont to Maximeville, from Maximeville to Abrams Village, then we turn toward Egmont Bay...”
“I’ve gone digging for clams, lobster and mussels...”
“Mont-Carmel, you’re the most beautiful...”
Those lines already contained an entire world.
The roads we could drive with our eyes closed. The landscapes we know by heart. A way of speaking. A way of living.
Last fall, we started imagining what this song might have become. We added lyrics, developed the story, and let the memories guide us.
The result is Mont-Carmel.
Since leaving the village after graduating high school, I’ve lived in many different places. I’ve travelled to an incredible number of countries thanks to Vishtèn. I’ve played on stages I never could have imagined when I was young.
But despite all those miles, it’s always Mont-Carmel that calls me back.
I still have a little house in the village, at the bottom of the lane that leads up to my dad’s place. I return for the music gatherings that continue to energize and inspire me, for Festival Route 11, to spend time with good people, and to see the sea.
Because, in the end, some places continue to live within us long after we’ve left them.
And for me, that place is called Mont-Carmel.





Que c’est beau Emmanuelle ❤️ tu as raison d’être fière d’être une Mont-Carmelaise ❤️❤️❤️✨et d’avoir des parents hors de l’ordinaire 😂🎉